Visite d'atelier, Nantes
Philippe Caurant
mai 2006
Je regarde,
au loin d’un horizon d’expériences et de souvenirs,
cette peinture qui brûle les poumons non pas par l’odeur
de la térébenthine mais par l’air du grand large
et des îles mystérieuses. Je vois comme une ligne qui serpente
à la surface du monde, l’éclat des oeuvres qui décrit
les aventures d’un art fait de révolutions et de miracles,
de bouleversements et d’ivresses, de poésie et d’émotions
innommables. Je regarde la peinture de Philippe Caurant comme l’oeuvre
d’un artiste jeune devant l’histoire et, cependant, marqué
déjà au fer de ses combats, de ses batailles. Pas une
ride ne trahit sur le tableau l’âge de la lumière,
juste une rupture, un néant, une fissure précipite le
regard de la surface à l’ouverture de l’espace. Mélange
de procédés photographiques et de techniques picturales
inventées, chimie et alchimie, expérimentation et construction
formelle, connaissance des formes et impulsions violentes d’expressivité,
dessin et génération de formes, la peinture de Caurant
succède à la modernité de façon imprévisible
et inattendue. Denys Zacharopoulos, extrait de « Nuit d’été
ou la révolution de la lumière dans la peinture »
paru dans Semaine 23.06