Donation Mario Prassinos, Saint-Rémy-de-Provence
Marc Chevalier
exposition du 12 mai au 24 juin 2007
Apprends
à tuer sinon tu ne mangeras que des somnifères des légumes
et des sucreries.
On commence par rechigner sur la viande et on fini nudiste. L’homme
moderne a perdu la mort, délaissée peu à peu au
profit du sommeil, pseudo mort réparatrice et blanche, de ce
blanc laiteux du néant qui rabiboche les cerveaux épuisés.
Je roule sur des formes abstraites qui se gonflent et se dégonflent.
L’art est un calcul indécent qui nous place - vous et moi
- aux deux bouts de la même pioche : Émettre et recevoir.
Nos baisers sont des connexions. « Je branche mon téléphone
à une prise au bas du mur » signifie qu’un baiser
terrifiant relie mon téléphone au bas du mur ; ou bien
que Clémentine et Banane (ma sœur s’appelle Banane)
sont siamoises par un baiser.
Ce soir, pour le vernissage, j’enfoncerais chacun de mes doigts
dans un teckels pour serrer des pognes et faire des caresses mordillantes,
avec mes griffes effarées.
Je serais galant avec mes gants.
J’ai appris à montrer du doigt, mes manières sont
irréprochables, je me découvre avant d’excarner.
Je ne tue pas, je touche avec le doigt.
Marc Chevalier (texte extrait de Semaine 19.07)