Musée des Beaux-arts, Brest
Claude Rutault, la peinture fait des vagues
exposition du 31 mars au 17 juin 2007
Claude Rutault
investit l’ensemble des salles du Musée des Beaux-arts
de Brest. Que les habitués du Musée soient avertis : votre
promenade sera bousculée, vos repères troublés
pour laisser place à l’ (im) pertinence d’un artiste
qui, en détournant notre regard du circuit conventionnel, donne
à s’interroger sur la peinture et son environnement.
« … lorsque l’exposition est écrite avec précisions
est-il encore nécessaire de la faire ? la peinture, ma peinture
existe d’abord sous la forme d’un texte, la d/m (définition
/ méthode)… »1
Claude Rutault est en effet un artiste de l’écriture mais
il aurait été dommage de ne pas, comme au cinéma,
joindre l’image au script pour que le public à son tour
observe les lieux depuis l’oeil de l’artiste. Si son oeuvre
envisage en priorité le processus de l’exposition, la mise
en espace est l’occasion d’une expérimentation. Avant
de pénétrer dans la mise en scène de Claude Rutault,
de croiser son regard sur les peintures du musée, il est nécessaire
d’appréhender son travail d’écriture à
l’origine de sa réflexion artistique : la d/m (définition
méthode). C’est elle qui, depuis 1973, organise sa pensée
artistique autour d’un protocole (qu’il publie sous le titre
définitions/méthodes, Le livre 1973-2000, aux éditions
Flammarion en 2000). Véritable programme donnant la marche à
suivre, les définitions dictent le processus par lequel l’artiste
conçoit son oeuvre. Ce sont les d/m qui cernent, commandent le
geste dans toutes les variantes complexes que l’artiste a imaginé
et continue d’imaginer, sans pour autant restreindre l’acte
créateur. Claude Rutault laisse en effet l’opportunité,
les choix de mise en application à celui qui décide de
réaliser son œuvre et que l’artiste nomme « le
preneur en charge ». La d/m est ainsi en perpétuelle réévaluation
: chaque exposition devenant le prétexte d’une nouvelle
réflexion sur ce qu’est la peinture, sur son sens dans
l’espace.
1 Réflexions tirées de son journal d’artiste