Semaine
Si la valeur des choses… est la première réponse qu’offre l’artiste à sa proposition singulière. Se pose la question de l’usage personnel d’un fonds muséal. En effet, il reflète à la fois la subjectivité conceptuelle de ceux qui l’ont constitué et l’histoirede l’institution qui le contient. Tout en le sachant, l’artiste ne fait pourtant pas le choix d’axer sa démarche autour de la constitution historique de la collection : sa pratique l’oblige en effet à une approche plus thématique car elle entre en correspondance avec seulement quelques oeuvres précises de la collection. Tout en conservant un propos d’ensemble cohérent, il lui faut tenir compte des modalités de rencontre entre l’oeuvre ancienne et la nouvelle pièce en dialogue pour qu’aucune ne soit en souffrance. Les conceptions qui régissent les créations de Simon Artignan ont trait à la colonisation de l’imaginaire par l’économie, à l’hégémonie de valeurs artificielles, au dérèglement climatique, à la spoliation du poétique… Ce qui semble brutal, dit comme cela, construit dans les faits des installations douces-amères où la place de la constitution matérielle (la petite musique des choses) est prépondérante. Ici, c’est la notion de valeur essentielle (la valeur des choses et des oeuvres de l’esprit au-delà de la valeur économique) qui détermine le fil conducteur des propositions scénographiques de l’exposition. — Hélène Jagot Du 19 janvier au 8 mars 2008. Musée de la Roche-sur-Yon.
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