Semaine

Semaine 06.10
Marguerite et le dragon
Un film de Raphaëlle Paupert-Borne et Jean Laube
n°226 bis
Ce qui arrive d’abord
avec ce film, dès les premières images, ou plutôt
dès que l’on découvre qui est le dragon de l’histoire,
c’est qu’on veut se réfugier, fuir ce que l’on
pressent, ne pas se laisser submerger par ce
qui s’annonce comme une trop grande violence intime. Alors on
se dit ce n’est pas un film. Marguerite et le dragon
n’est pas un film. On se dit
ce sont des films de famille, des bouts de films comme chacun en a des
dizaines qui croupissent quelque part, films de famille tournés
par un
père, une mère, un oncle, peu importe, au gré de
qui passait par là, près de la caméra – et
celle-ci passe indifféremment du Super 8 à la vidéo,
au numérique, peu importe, donc, on se réfugie derrière
l’impression d’amateurisme que dégagent toujours
les images tournées sur « le vif », avec des moyens
aussi artisanaux que la finalité n’est pas fixée,
est aléatoire, souple, toujours liée au hasard, aux circonstances
qui la font naître.
Laurent Mauvignier
Parution hebdomadaire vendredi 12 février 2010 / 4€
Parution Semaines volume II / mai 2010 / 18€