Semaine

Semaine 18.10
Anouck Durand-Gasselin
n°236, Centre d'art contemporain Chapelle Saint-Jacques, Saint-Gaudens
Avec cette nouvelle
proposition, Anouck Durand-Gasselin expérimente de nouveaux modes
opératoires. Les forêts des alentours parisiens deviennent
son terrain d’expérience. Elle arpente, saisit avec acuité
les progressions mycologiques de coprins chevelus et autres espèces
de champignons. Les « Sporées », poudres fertiles
et reproductrices déterminent, dès lors, l’organisation
du travail. Si, à l’intérêt plastique l’attrait
scientifique se mêle indubitablement, les images remportent la
mise et éloignent de la recherche, du diagnostic de laboratoire.
Son travail est,
alors, à envisager telle une marche. Sans qu’il y ait de
réelles cassures
ou fractures, il s’agit de suivre un chemin de traces. Ici, seul
s’impose
un désir de mouvement. La lumière des images induit l’apaisement.
La
métamorphose se fait sous le regard qui se veut sûr et
discret. Ainsi,
par l’objectif de cette photographe-plasticienne, les démonstrations
s’estompent au profit d’un effleurement subtil. Cette oeuvre,
qui émeut par sa capacité à évoquer la fragilité
d’un instant, la peur d’une perte, la séparation
des corps ou la douceur d’une caresse, s’installe, désormais,
dans un questionnement de l’image comme un possible effacement.
Il est un passage pour imaginer un souffle. En creux, s’impose
l’absence, l’étirement d’un espace. Interstice
lumineux, vibrations éclatantes… Quête d’un
temps suspendu…Valérie Mazouin, directrice du Centre
d'art contemporain Chapelle Saint-Jacques
Parution hebdomadaire vendredi 7 mai 2010 / 4€
Parution Semaines volume II / mai 2010 / 18€