Semaine

Semaine 48.10
Didier Dessus,
Pierre-Yves Magerand
J'y ai mis tous les blancs
n°256,
Esox Lucius
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Le
dessin que nous pratiquons d’après des éléments
empruntés au réel, qu’ils soient pérennes ou
éphémères, revendique une dimension exploratoire.
Il nous arrive souvent de descendre au « coeur de l’objet
» dans sa structure même, pour
y débusquer une arborescence aux ramifications et aux connections
surprenantes. Notre sujet, touché par le regard, rejoint notre
mémoire corporelle et s’en trouve chargé de fragments
anthropomorphes, de paysages intérieurs qui peuvent s’évaporer
dans l’espace du papier et dans le temps de l’observation.
Lors de la découverte des lieux d’exposition, la déambulation
prend la forme d’une promenade, ponctuée par d’heureuses
coïncidences : temps d’arrêt devant certains motifs de
papiers peints, découvertes d’espaces dérobés,
de passages étroits, d’ouvertures délicates sur la
nature environnante. Non seulement ces espaces fraîchement foulés
nous paraissent déjà familiers, mais plus encore nos dessins
semblent subitement avoir été envisagés en relation
étroite avec eux. Jeux
de motifs qui se répondent et se prolongent, qualité des
textures, des surfaces et marque du temps qui font écho aux traces
graphiques et aux réserves du papier. Voyageant dans différentes
temporalités, le nez parfois collé aux parois, l’oeil
fait le
point. Une conversation à plusieurs voix s’instaure. Les
oeuvres infiltrent l’espace, le balisent et le marquent discrètement
mais volontairement. L’espace en retour insuffle à nos oeuvres
des perceptions renouvelées. Un bruissement s’échappe
de cette habitation laissée un long temps en jachère. Qui
pourra dire désormais que les lieux ne sont plus habités
? Pierre-Yves
Magerand et Didier Dessus
The drawing
that we practice based on elements borrowed from reality, whether permanent
or ephemeral, claims an exploratory dimension. We often happen to go
down to the "heart of the object" in its very structure, to
flush out an arborescence with surprising ramifications and connections.
Our subject, touched by the gaze, joins our body memory and is thereby
responsible for anthropomorphic
fragments of interior landscapes that can evaporate into the paper space
and in the observation time.
Upon discovery of exhibition spaces, the wandering takes the form of
a walk, punctuated by happy coincidences: stops before some wallpaper
patterns, discoveries
of concealed spaces, of narrow passages, of delicate openings to the
surrounding nature. Not only these spaces freshly trodden seem to us
already familiar, but more
importantly our drawings seem suddenly to have been planned in close
relation with them. Sets of patterns that meet and extend, quality of
the textures, surfaces
and mark of the time that echo the graphic marks and reserves of the
paper. Traveling in different time frames, our nose sometimes stuck
to the walls, the eye focuses. A conversation with many voices is established.
The works infiltrate the
space, mark it out and indicate it quietly but intentionally. The space
in return brings to our works renewed perceptions. A rustle escapes
this house left a long
time to fallow. Who can say now that the premises are no longer inhabited?
Pierre-Yves
Magerand et Didier Dessus
Parution hebdomadaire vendredi 3 décembre 2010 / Weekly publication
Friday 3 december / 4€
Parution Semaine volume IV / janvier 2011 / Publication Semaine
volume IV / January 2011 / 18€
Ce numéro
de Semaine, revue hebdomadaire pour l'art contemporain, a été
coproduit par Esox Lucius
This issue of Semaine, the weekly review for contemporary art, was
coproduced by Esox Lucius