Semaine
Parmi les quatre
éléments, la prédilection de Thomas Lanfranchi
sans doute possible se dirige sur l’air. Le fluide gazeux, «
agent physique en soi indifférent à toute implication
esthétique » (Étienne Souriau, Vocabulaire d’esthétique)
? Il suffit de parcourir les images, les souvenirs des interventions
de l’artiste in situ pour se convaincre du contraire. À
différentes places (Hossegor, dune de Pyla, Soulac, Peyressourde),
il installe ou s’installe (avec) des sculptures volantes, c’est-à-dire
des choses en matière légère qui, retenues par
un bout, reçoivent le vent pour s’en gonfler et prendre
leur volume. Attention, ce ne sont ni des ballons ni des airbags : l’air
ne doit pas y être emprisonné, et il n’a pas besoin
de choc, non plus, pour s’exprimer. C’est une alliance plutôt,
avec un élément dont il n’est d’ailleurs jamais
exclu tout à fait qu’il manque au rendez-vous. Là
gît l’intérêt de la démarche, sa force
(paradoxale). Si l’opération (gonflage) était courue
d’avance,il manquerait assurément la dimension atmosphérique,
qu’on peut appeler aussi la dimension du désir.
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