Céleste Boursier-Mougenot, transcom1
La Maison Rouge, Paris
du 16 février au 16 mai 2010
Le principe d’une nouvelle installation peut se développer
en associant et en réactivant des éléments de pièces
plus anciennes. C’est le cas de transcom1 qui reprend
le principe technique du ballon d’hélium se déplaçant
sous l’effet d’un ventilateur (scanner
1997-2006) et celui de la série d’installation (videodrones
2000-2002) dont les images filmées et projetées en direct
constituent les sources sonores qui me servent à produire la
musique de l’installation. L’envie de suspendre des caméras
aux ballons a germé en 2006 pendant le montage de scanner
pour l’exposition états seconds au Frac Champagne-Ardenne.
J’ai pensé que deux ballons équipés de caméras,
se filmant l’un et l’autre et filmant le visiteur dans l’espace
constituaient un dispositif au potentiel chorégraphique intéressant
qui donnerait une place centrale au visiteur. Le projet initial consistait
donc à réaliser ce dispositif pour composer une pièce
musicale. Mais en configurant le système, j’ai constaté
que les petites caméras commandées sur internet ne transmettent
pas le flux des images de manière stable et continue. Dès
qu’on les déplace, le signal décroche et l’image
tressaute de manière inopinée. J’ai amplifié
le signal vidéo pour écouter le « bruit des
images » et j’ai trouvé qu’il y a une
similitude avec le son du 33 tours recouvrement/overlap présenté
dans l’exposition. Cette analogie entre les scratch des caméras
et le crépitement d’un feu de bois a retenu mon attention
et s’est imposée. J’ai gardé ces caméras
déficientes au lieu de les changer pour d’autres plus performantes.
extrait de l'entretien entre Céleste Boursier-Mougenot, François
Quintin et Manon Gingold, Semaine no.234